Mort ou résurgence exceptionnelle du code typographique?

Publié par Annie / 29 mars 2010

Police-Helvetica

Si on veut retracer l’histoire de la typographie, il faut remonter loin. Il faut revenir au XVe siècle. À l’époque où les typographes utilisaient encore lettres de bois et composteurs, et où l’intention derrière leur travail était d’imiter le plus fidèlement possible l’ouvrage fait par les calligraphes. Depuis, disons que la typographie a perdu quelques dorures sur ses lettres de noblesse et qu’elle a été déclassée : d’art, elle est passée à formalité.

Le bal des adaptations typographiques et des renoncements volontaires (ou non) à certaines règles du code a été ouvert, en grosse partie, par l’arrivée des nouvelles technologies. On pourrait aussi ajouter à la liste la conjoncture économique qui inflige de sérieuses coupures dans les budgets de production, ce qui, en fin de compte, finit par amputer le temps alloué à chaque projet. Et évidemment, le gras le plus facile à trancher, c’est celui de la finition, celui que monsieur-et-madame-tout-le-monde ne verra pas.  En deux mots, c’est facile de bâcler les règles du code typographique.

La typographie, c’est le vecteur qui permet de faire passer le message entre l’émetteur et le récepteur. C’est aussi le souci du détail, l’équilibre qui rend les textes imprimés déchiffrables et la lecture fluide. Quoi qu’on en dise, la typographie, c’est un art qui joue avec le paroxysme de l’esthétisme des manuscrits et qui s’inscrit dans la culture graphique.

On dit que le talon d’Achille de l’informatique, c’est la typographie. On annonce aussi la mort du code typographique tambour battant et on déplore le laxisme des règles qui régissent cet art.

Mais de l’autre bout de la lorgnette, on pourrait aussi dire que la typographie et son code ne sont que les reflets d’une société en pleine mouvance, société où tout ce que l’on croyait acquis est voué à la mutation des genres et des styles. Et que, tout comme la langue, ils évoluent simplement, se transforment, mais ne se perdent pas…

Même si on ne peut nier les évidences factuelles, pourrait-on voir le problème différemment? Pourrait-on simplement parler de mutation du code typographique et non de sa disparition?

Alors, je pose la question : Pourrait-on?

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