Cachez ces bobettes!
Quand on les voit se promener avec cette désinvolture calculée, cette nonchalance crasse, ces pantalons qui descendent sous les fesses et qui offrent aux pauvres passants (qui n’ont rien demandé) une imprenable vue sur leurs sous-vêtements, on aurait presque envie qu’ils se prennent les pieds dans leur ceinture et qu’ils trébuchent. Tiens-toi! La face la première sur l’asphalte! Mais bon, il ne s’agit que de purs fantasmes inspirés par une mode (une vogue) qui a la couenne dure.

Par contre, c’est probablement cette même écœurantite aiguë, causée par ces jeunes aux falzars affalés jusqu’aux genoux, qui a poussé le sénateur de Brooklyn (Eric Adams) à mettre en place cette drôle de campagne publicitaire : Raise your Pants (ou en bon français, remontez vos culottes).
Pour la modique somme de 2 000 $, Adams a fait installer un énorme panneau publicitaire en plein cœur de Brooklyn. L’affiche montre deux hommes de dos, deux hommes qui portent les pantalons sous le croquant de la fesse et, à côté, on peut lire Stop the Sag! We are better than this!
L’offensive frappe fort. Disons que c’est difficile de passer à côté et de louper le message. Maintenant, pour ce qui est de le capter, il n’en tient qu’au groupe ciblé par l’annonce. Et c’est là que le bât blesse. Malgré le fait que l’intention derrière la pub soit claire et même si ça fait sourire, ça fait quand même un peu peur… non? C’est à se demander jusqu’où l’État peut intervenir.
Tant qu’à y être, peut-on faire une pub qui dit aux jeunes lolitas de rallonger leurs jupes et de cacher ces seins que nous ne saurions voir, car après tout, elles valent mieux que ce qu’elles affichent! Comment serait accueillie une série d’affiches qui suggérerait fortement l’abolition du voile, parce que ça heurte nos valeurs? Gageons que cela soulèverait les passions. Car n’en déplaise aux uns et aux autres, il ne s’agit ici que d’une question de valeurs, pour les uns, et de goût, pour les autres.
Entre nous, si en bout de ligne, ils pouvaient les remonter leurs foutus jeans, on serait bien content. Cependant, elle est où la limite entre la publicité et la propagande?


































4 mai 2010 / 12 h 12 min
Pour référence, « falzar », c’est de l’argot pour « pantalons ». Je le spécifie pour les autres lecteurs qui, comme moi, ne connaissaient peut-être pas cette appellation (http://fr.wiktionary.org/wiki/falzar).