Conte 2.0 : Les aventures de George chez les Timbrés (1 de 3)
Je vous propose ici une petite histoire de mon cru, une allégorie de ce que pourrait (ou devrait être) une stratégie marketing par l’entremise des médias sociaux. Avertissement : cette histoire ne comprend aucun mot technique ou « buzzword ». Bien sûr, tous les personnages de cette histoire sont le fruit de mon imagination et toute ressemblance avec des personnes… (vous connaissez la suite). Bonne lecture.
Imaginez une petite ville nord-américaine, dans les années 50. Et dans cette petite ville, un homme, George V., représentant de commerce (pour ma part, je l’imagine un peu comme Willy Loman, personnage central de la pièce Mort d’un commis voyageur de Arthur Miller). George vend des pinces à épiler. Depuis 20 ans, il se déplace de porte en porte et propose ses produits. Mais voilà, George est bon vendeur. Et toutes les ménagères de la ville – ou presque – ont déjà acheté un de ses produits. Plusieurs d’entre elles ont même une seconde ou une troisième pince à épiler pour la voiture ou le bureau, c’est vous dire à quel point George est excellent!
Depuis un certain temps déjà, George réfléchissait à de nouveaux débouchés pour ses produits. Les pinces à épiler, ça ne s’use pas vraiment. Ses clientes, même si elles sont très satisfaites, n’auront probablement pas besoin d’une nouvelle pince avant plusieurs années. Alors George réfléchit. Il a essayé de vendre ses pinces à des hommes, mais le succès a été assez mitigé. Un jour, en rentrant chez lui, il voit Marc, son jeune fils de 13 ans, attablé à la cuisine en train de travailler à sa collection de timbres. Et, pour manipuler ses timbres avec tout le soin nécessaire, Marc avait emprunté à son père une de ses pinces à épiler « spéciale peau sensible ». Pour George, cette image fût une véritable révélation! Il allait proposer ses produits aux philatélistes de la ville!
Mais où les trouver? Comment les rejoindre? George demande à Marc. La réponse ne se fait pas attendre :
- « Tous les premiers mercredis du mois, il y a une rencontre du groupe de philatélie de la ville au centre communautaire. C’est vraiment un truc incroyable. Tu savais que la philatélie est l’un des loisirs les plus populaires de la ville depuis quelques temps? Les membres du groupe se sont même donné un surnom : les Timbrés. Cool, non? Je voulais justement te demander si tu voulais m’y emmener un de ces jours… », répond Marc, les yeux brillants.
- « Donc la prochaine rencontre des… Timbrés aura lieu dans deux semaines, c’est bien ça? » demande George, intérieurement excité à l’idée de pouvoir valider bientôt son intuition de vendeur. Je t’y accompagnerai.
Marc saute presque dans les bras de son père pour l’embrasser. Il se rappelle juste à temps qu’à treize ans, on n’embrasse plus son père. Il se ressaisit et lui tend la main pour la serrer, un peu gauchement. George sourit, attendri, et serre la main de son fils, cérémonieusement.
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L’intuition de George à propos des philatélistes s’avérera-t-elle? De nouvelles années de prospérité sont-elles envisageables? Vous le saurez en lisant la suite de notre feuilleton…


































