L’expérience Huis clos sur le net

Publié par Guillaume / 12 avril 2010

givre-300x168Nous vous avons déjà parlé dans la Quinzaine numéro 7 de Huis clos sur le net. Cinq journalistes se sont enfermés dans une maison du Périgord avec, comme seules sources d’informations, Facebook et Twitter. Explications.

Le concept

Du 1 au 5 février 2010, cinq journalistes, Benjamin Muller (France Info), Nour-Eddine Zidane (France Inter), Janic Tremblay (Première chaîne de Radio-Canada), Anne-Paule Martin (RSR – La 1ère) et Nicolas Willems (La Première-RTBF) se sont coupés du monde avec pour mission de déterminer la place des médias sociaux dans l’actualité. Pas de radio ni de télévision, pas de téléphone ni d’accès aux sites traditionnels. Seulement les deux géants de la communication sociale.

Cette expérience inédite visait à savoir si un journaliste pouvait considérer Twitter et Facebook comme des sources d’informations fiables. Chacun d’entre eux s’était engagé à ne consulter que sa page Facebook et son compte Twitter et de se limiter à visiter uniquement les liens externes que ses amis (Facebook) ou ses abonnés (Twitter) lui proposaient.

Leur conclusion

Benjamin Muller ferme la parenthèse de son expérience avec une simple affirmation : Twitter/Facebook et les médias classiques ne sont pas à opposer. Ces deux réseaux sont complémentaires. En clair, l’un informe, l’autre relaye (http://www.france-info.com/culture-medias-2010-02-05-huis-clos-sur-le-net-le-bilan-401141-36-41.html).

Pour Nour-Eddine Zidane, Twitter est aussi un outil d’alerte que les journalistes doivent intégrer dans leurs méthodes de travail, en plus des dépêches d’agences, de la presse traditionnelle, mais aussi des blogues (http://wearesocial.fr/blog/tag/nour-eddine-zidane/).

De son côté, Janic Tremblay, lui, en est arrivé à deux constats. Il a d’abord souligné qu’il est épuisant de suivre les flux constants, confirmant du même coup l’importance de filtres professionnels (comme les journalistes) pour permettre à tous et chacun de s’y retrouver. Il a ensuite souligné l’importance de «cultiver» son réseau, de bien le constituer, ce qui sort du tuyau dépendant de son branchement (http://carnetsdudevoir.com/index.php/sismographe/textes/huis_clos_sur_le_net_par_ici_la_sortie/).

Selon Anne-Paule Martin, l’expérience n’est ni concluante ni représentative, car il n’aurait pas fallu l’annoncer. De fait, cela a modifié les comportements des utilisateurs de ces réseaux sociaux. Certains ont été plus réactifs, plus précis et plus productifs que d’habitude, adressant directement leurs infos aux cinq participants. D’autres, au contraire, se sont amusés à faire circuler de fausses informations (http://www.educnet.education.fr/dossier/travail-apprentissage-collaboratifs/contextes/monde-du-journalisme/huis-clos-sur-le-net).

Et finalement, au terme de l’expérience, Nicolas Willems confirme ce que beaucoup savaient déjà, c’est-à-dire que Twitter est un réseau, un système d’alerte et de recherche de contact (http://zeroseconde.blogspot.com/2010/02/ce-quon-decouvert-grace-huis-clos-sur.html).

En bref, disons que, de manière globale, l’expérience aboutit à une conclusion simple : les médias sociaux sont bel et bien des outils de communication. Ils servent à faire transiter une information. Certes, les infos ne sont jamais bien détaillées mais le caractère instantané de ces outils leur confère une place particulière par rapport aux médias traditionnels. L’annonce du tremblement de terre d’Haïti a d’abord été relayée par Twitter. Il est vrai qu’en 140 caractères, il n’y a pas place pour beaucoup de détails, mais Twitter s’est au fil du temps imposé comme déclencheur d’informations.

Pour en savoir plus sur Huis clos sur le net : http://huisclossurlenet.radiofrance.fr/

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