Surfer sur le net oui, mais à quel prix?

Publié par Anik / 4 décembre 2009

censure internet

Globe-trotter dans l’âme, je voyage la plupart du temps en solo. Lorsque je suis débarquée au Mali, une des premières choses que j’ai faite après avoir déposé mes pénates et comblé mon petit creux, a été de repérer le cybercafé. Histoire de donner des nouvelles à mes proches, curieux et parfois inquiets de me savoir si loin. L’accès à Internet me permet de partager, par l’entremise de mon blogue, mes photos, mes aventures et mes mésaventures ou encore de dénoncer certaines situations, et ce, à faible coût d’ici ou d’ailleurs!

Faible coût pour moi, certes, mais pas pour les Maliens. Il en coûte 500 CFA (1, 25 $) pour une heure de connexion. Mais le salaire moyen de 72 % de la population malienne est de 2 $… par jour. Alors, inutile de préciser que se brancher n’est pas une priorité! Dans ce pays, comme dans beaucoup de pays en développement en Afrique, le coût élevé d’une connexion et le manque d’infrastructures (électricité, réseaux ou technologie) expliquent le faible taux d’utilisateurs. En 2007, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) publiait dans son rapport mondial que, en 2005,  le Mali comptait 4 utilisateurs pour 1000 habitants. Dire qu’ici, au Canada, ce taux de 4 utilisateurs pour 1000 était la réalité de… 1990! Aujourd’hui, c’est plutôt 730 pour 1000.

Toutefois, la situation n’est pas la même dans certaines régions du Moyen-Orient ou d’Asie. Dans quelques pays comme la Birmanie, la Chine ou l’Iran, la difficulté d’accès à Internet s’explique par la mise en place de politiques gouvernementales dans le but de contrôler l’information. Le rapport Les ennemis d’Internet publié par Reporters sans frontières en 2009 regorge d’informations plus étonnantes les unes que les autres et totalement aberrantes.

Le cas de la Chine est reconnu mondialement pour la censure et les atteintes à la liberté d’expression. Concrètement, cela signifie qu’il y a actuellement 49 cyber-dissidents en prison pour avoir critiqué le régime politique. Mais, si vous voulez publier sur le net sans risque, optez pour des message pro-gouvernement : vous pourriez ainsi vous enrichir de 5 cents pour chaque article!

Tout à côté de la Chine, la Birmanie n’offre guère un meilleur portrait. Dans ce pays où l’on compte moins d’un utilisateur pour 1000 habitants, le code pénal prévoit 15 ans de prison pour possession et utilisation d’un modem sans autorisation gouvernementale. De plus, un acteur birman a récemment été condamné à  35 ans de prison (!) pour avoir publié sur son blogue des critiques concernant la mauvaise gestion gouvernementale de l’aide humanitaire venant de la communauté internationale après le cyclone Nargis. Mais le comble de l’horreur revient quant à moi à l’Iran dont le code pénal prévoit la peine de mort pour la création d’un blogue incitant à la corruption, à la prostitution ou à l’apostasie (reniement public de sa religion, dans ce cas-ci, de l’islam)… Heureusement, aucun iranien n’a été inculpé ou condamné, du moins pour l’instant.

Avec toutes les situations décrites plus haut, il est futile de préciser que je me sens privilégiée d’avoir accès à Internet et de ne pas risquer de me retrouver en prison pour avoir écrit cet article!

Commentaire

  1. MINGA

    Excellent regard sur le monde du Net, sur le Monde !
    Moi j’admire ta précision dans les détails. C’est un article engageant.
    Mais attention, évite la Chine, la Birmanie et l’Iran pour quelquesq années, sinon…
    Oh, juste pour blaguer !
    Bien à toi.

    MINGA

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